La case créole, patrimoine architectural

Case créole © Erwann Lincoln

A la Réunion, la maison doit être solide, c’est une réalité et une nécessité : tempêtes tropicales et cyclones sont fréquents. Ils peuvent se faire oublier pendant quelques années mais il peut y avoir 2 cyclones intenses en une seule année comme en 2000.

Au premier coup d’œil on ne se rend pas compte que les murs de nombreuses maisons sont en béton, c’est quand on veut y planter une punaise qu’on réalise. Les toits sont en bac acier ou tôle. Les plaques sont vissées et résistent beaucoup plus que nos tuiles et ardoises métropolitaines. Un cyclone peut afficher 200km/h de vent ou plus ! Imaginez le résultat ! Toutefois, les premières maisons étaient des paillotes. On fabriquait des abris avec ce que fournissait la nature : des branches, des lianes, des feuilles de bananier ou de vacoa. Bambou et vétiver faisaient des maisons rapidement construites… Et reconstruites !

Cabane créole lontan © Erwann Lincoln

La colonisation a amené son lot de marins qui sont aussi de fameux charpentiers. Ainsi naquit la case créole en bois qui avait beaucoup plus d’atouts pour résister aux conditions locales de températures, vents, pluies et cyclones ; tout en offrant la souplesse du matériau. Il était facile d’ajouter une pièce supplémentaire quand la famille s’agrandissait.

Évolution de la case créole :

Le haut-vent devint varangue, une véritable pièce à vivre mi-dedans mi-dehors, abritée du soleil et du vent. Les bardeaux, ces planches superposées latéralement pour élever les murs se sont avérées très résistantes, surtout quand elles étaient taillées à la main : le savoir faire de l’artisan ! Importé au XIXème siècle le lambrequin est une frise métallique décorative qui se trouve au niveau d’une gouttière. Dans les maisons de ville, un kiosque se trouvait près du “baro” (terme créole), le portail en fer forgé. Il permettait de voir sans être vu mesdemoiselles, on l’appelait guétali ! Et devant le jardin créole ! Varié, luxuriant étant donné le climat, il mêle fleurs, oiseaux de paradis, plantes et arbres fruitiers, palmiers, petits bassins. Côté cour, derrière la maison se trouvait plutôt le potager et quelques poules !

Cases créoles © Erwann Lincoln

Abandonnées et branlantes, avec leurs toits en tôle ondulée ajourée et leurs volets bancals, les « case la misère » se font rares. Les belles cases créoles cossues et coquettes, colorées et fleuries sont bien jolies, elles jalonnent les villes et villages et caractérisent un patrimoine exceptionnel !

Florence Dissler

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